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Jean-Pascal - oncle de ThelmaJean-Pascal - oncle de Thelma de Lyon
Le dernier sourire,

Thelma avait cette sensibilité particulière réservée aux êtres qui très tôt ont été exposés à des situations ou des conditions de vie particulières. Anna, sa petite sœur handicapée mentale, occupait une bonne partie du terrain familial alors il fallait surtout rester discret et ne pas poser de problème.

Thelma était à mes yeux un patchwork de grâce, de beauté, d’intelligence, de bonne humeur, de talent mais son arme fatale était sa vaste panoplie de sourires adaptés selon les circonstances qu’elle avait probablement tirée de son grand sens de l’observation. Thelma avait compris très tôt toute la force que pouvait apporter les sourires toujours placés avec intelligence.

Le sourire Compréhensif quand sa sœur Anna l’avait molestée involontairement,

Le sourire Complice quand, fatiguée par les devoirs d’école avec sa grand-mère, nos regards parfois se croisaient,

Le sourire Moqueur quand je pensais à tort être encore un jeune ado,

Le sourire Compétition quand elle rivalisait avec ses cousins lors d’une descente à ski,

Le sourire Admiratif quand elle découvrait le monde de la mode et du maquillage,

Le sourire Satisfait quand elle dansait avec grâce une chorégraphie ou jouait à la perfection une partition de clarinette,

Le sourire Amical quand elle recherchait des nouveaux amis,

Du haut de ses 16 ans un nouveau sourire apparaissait parfois, le sourire séducteur, celui-là, les garçons, il allait briser vos cœurs.

Je reste convaincu que jusqu’au bout Thelma aura trouvé un nouveau et dernier sourire celui qui rassure sa famille et ses amis afin de ne pas s’inquiéter pour elle là où une nouvelle vie l’attend.

Mon amour de nièce, j’ai été très fier d’avoir parcouru ce bout de chemin à tes côtés et je vais veiller désormais à ce que notre famille retrouve le sourire le plus rapidement possible.
Hervé - un ami de la familleHervé - un ami de la famille de Paris
Thelma et sa petite sœur Anna resteront pour toujours dans ma mémoire. Un fantastique petit duo d’amour, un joli manège enchanté, un magnifique exemple d’humanité et de don de soi à l’autre . Il y a là, malgré les épreuves du handicap d’Anna, toute la joie et la lumière qui peut éclairer un chemin de vie.
Eliane - la grand mère de ThelmaEliane - la grand mère de Thelma de Lyon
Thelma,
Je me souviens des gestes tendres et délicats que tu avais déjà pour Anna lorsque tu étais petite. Toi si mature, si raisonnable, tu as su très vite te mettre à sa portée et établir par des jeux enfantins, des câlins-bagarres, un contact qui la ravissait. Anna n’était pas toujours très douce avec toi. Elle n’était pas capable de maitriser ses contrariétés. Maintes fois elle t’a tiré les cheveux en s’acharnant sur le chouchou qui te coiffait gracieusement, te pinçant en représailles de tes mouvements d’esquive. Quelques secondes de bouderie, parfois quelques larmes et, compréhensive, sans rancune, tu revenais vers elle.

En grandissant, tu as mieux appréhendé la fragilité et la faiblesse inhérentes à la maladie et au handicap mental de ta sœur. Tu as appris à anticiper ses sottises ou ses désirs. Par ta douceur, tu lui as imposé ta protection. Lors des promenades sur les sentiers de montagne, tu la guidais avec assurance. Elle marchait la main dans ta main, confiante, obéissante, abandonnant ses comportements impulsifs. Elle t’aurait suivi au bout du monde.

A la maison, lorsqu’Anna lançait malicieusement un ballon par-dessus le portillon verrouillé qui t’isolait dans ta chambre, tu ne manquais jamais de te lever de ton bureau pour le lui rendre et recevoir le bisou de remerciement. Elle jubilait en se tortillant de plaisir et tu bénéficiais de quelques minutes de tranquillité, jusqu’au prochain lancer de ballon. Si elle était admise dans ta chambre quand tu travaillais ta clarinette, assise sur le bord de ton lit, elle restait étonnamment calme, t’observant d’abord longuement, puis son regard se déplaçait peu à peu vers ton environnement. Elle appréciait ta musique mais savourait aussi l’autorisation exceptionnelle d’être reçue chez toi.

C’était une petite sœur différente de celles de tes amies mais tu l’aimais « comme ça ». Tu avais choisi de la protéger, de la défendre et de l’entourer d’amour. Tu auras été la plus patiente et la plus tendre de toutes les grandes sœurs.

Il m’est difficile de rendre compte ici de toute l’attention que tu portais à Anna, de l’affection qui vous liait. Une petite sœur handicapée c’est plus qu’une sœur. Anna ne sait pas dire que tu lui manques et elle souffre de ton absence sans pouvoir la comprendre. Lorsqu’elle découvre une photo de toi, elle te pointe du doigt, émet un petit ‘hein’ qui veut dire « Tu la vois ? C’est elle », puis détourne les yeux et son visage se ferme.